Le Gréement Aurique

Le Côtre

définition

Le Renard

Le côtre est un gréement de bateau à voile, généralement ponté et à quille (contrairement au dériveur), et qui ne possède qu'un mât central, sauf s'il est équipé d'un tapecul.
À la différence du sloop, il porte une surface de voile divisée à l'avant (au moins 2 voiles d'avant). La bôme située en bas du mât supporte la grand-voile, le foc et la trinquette sont en avant du mât.
C'est une forme ancienne des bateaux habitables de dimensions moyennes.
Le Renard, dernier bateau corsaire armé par Robert Surcouf, en est un exemple caractéristique.

Origine

Le Mariquitas (quel drôle de nom ?)

L'origine de la voile remonte probablement il y a environ 6000 ans en Égypte.
En effet, c'est apparemment la civilisation égyptienne qui aurait utilisée la première des radeaux primitifs faits de roseaux surmontés d'un mat auquel était attaché une voile de papyrus de forme rectangulaire. Depuis ce temps, les voiles et les embarcations les supportant ont beaucoup évolué.
En effet, au fil des siècles les progrès technologiques et les découvertes scientifiques ont fait que les modèles de voile ont évolué : à la voile carrée a succédé la voile au tiers puis la voile à corne aussi appelée voile aurique. La voile ressemble à un trapèze couché sur le côté. Elle est soutenue par trois espars : la corne ou gaff (en haut, de 25 à 30 degrés par rapport à l'horizontale), le mât et la bôme (en bas, soutenant la bordure).

Elle augmente les performances en transférant toute la surface de voilure derrière le mât, en libérant ainsi la partie avant de celui-ci, ce qui permet l'installation de focs (voiles établies à l'avant).
La forme de la voile la rend peu efficace pour naviguer contre le vent, mais elle permet d'installer une grande surface de toile sur un mât plutôt court. De plus, on peut y fixer la flèche ou le fisherman entre la corne et le haut du mât, ce qui a pour effet d'augmenter d'avantage la surface de voilure.

Le Côtre sardinier

Depuis toujours, depuis l'Antiquité gallo-romaine semble-t-il les Concarnois pêchent la sardine.
Une production largement exportée, le poisson étant salé, ou pressé en baril, ou, plus tard, frit et mis en conserve. Avant la dernière guerre, on comptait en ville 32 hautes cheminées, autant de sardineries.
Les caprices de ce poisson saisonnier, sur lequel comptait toute une population de marins et d' "artisanes ", ouvrières des usines de conserve, ont été à l'origine de la Fête des Filets Bleus, créée en 1905 pour subvenir aux besoins des familles lorsque le poisson boudait les côtes de Bretagne sud.

Le Marche Avec

Le Cotre Sardinier, un bateau de pêche qui ne pêchait pas.

Ce drôle de surnom vient du fait que le rôle du cotre sardinier se limite au transport des hommes et des engins jusque sur les lieux de pêche. La pêche proprement dite se pratique à partir d'annexes, manoeuvrées à l'aviron.
Ce principe de pêche, mis en place vers 1905, présente de nombreux avantages, et ce n'est sûrement pas un hasard si les premiers documents datent de cette période de crise, car à la pêche toute nouveauté est "soupesée" encore plus qu'ailleurs.
Bien que cette "nouvelle pêche" n'apporte pas de changements très importants, le principe ne fut accepté qu'à grand-peine.
Le cotre sardinier cantonné dans un rôle de transport apporte son aide sur les lieux de pêche, et se trouve disponible pour d'autres activités, ce qui présente un intérêt certain au plus noir de la "crise".
Enfin, si nécessaire, le bateau peut servir à d'autres pêches, ce qui n'est pas le cas des chaloupes sardinières. Au fil des saisons le cotre sardinier, bien adapté à la pêche de la sardine, se révèle un bateau rapide et sécurisant.

Un côtre célébre

Pen Duick I

Pen Duick est le premier voilier d'Éric Tabarly. Par la suite ses autres voiliers furent aussi nommés de la sorte : Pen Duick II, Pen Duick III, Pen Duick IV, Pen Duick V, Pen Duick VI ...
Amoureux de Pen Duick depuis l'âge de 7 ans, Eric Tabarly en a fait un navire de légende. Pen Duick est construit en 1898 selon les plans de l'architecte écossais William Fife, qui le baptise "Yum". Quarante ans après le père d'Éric Tabarly achète ce voilier en 1938 et deviendra le 12e propriétaire de ce cotre aurique de 15 mètres. Après la seconde Guerre mondiale, le voilier se détériore dans une vasière.

En 1952, Guy Tabarly envisage même la destruction du voilier afin de revendre le plomb constituant le lest de la quille.
Éric Tabarly s'y oppose, et s'engage dans la Marine en disant que sa solde de la marine nationale lui permettra de rénover le bateau. Son père le lui donne.
Il est rénové une première fois en 1956-1959, par Gilles Costantini directeur du chantier naval de la Trinité-sur-Mer. Ensuite pendant la carrière d'Éric Tabarly, il est de nouveau délaissé, pour être restauré complètement en 1988-1989.
C'est à bord de Pen Duick qu'Éric Tabarly disparait en mer en 1998, au cours d'une traversée de la Manche en direction du Pays de Galles pour un rassemblement de vieux voiliers dessinés par William Fife.
Origine du nom :
En breton Pen Duick signifie "Mésange à tête noire".

L'actuel propriétaire du pen Duick est à présent la fille d'Eric Tabarly, Marie, depuis sa majorité en 2002.